13.09.2007
Une odeur bleue
Au pied de l’immeuble, de l’autre côté du parking, il y a un pavillon. Comme il fait frais, on y a rallumé la cheminée. Par la porte-fenêtre ouverte, entre une odeur de feu de bois.
Une odeur bleue.
Une odeur peut être bleue. Comment appelleriez-vous cette odeur qui se déroule en volutes, qui crépite, qui ondoie, qui caresse d’un ruban ardoisé l’air froid et rappelle des veillées dans la pénombre ? Elle est bleue comme le soir.
Il y a aussi l’odeur brun acajou, et brillant, de la pipe qui s’exhale dans un vaste bureau, tapissé de livres trop savants, de bibelots africains poussiéreux. Un bilboquet, deux ou trois petites voitures de collection, une cithare, un tambourin fascinent les enfants, qui, s’ils sont sages, auront le droit d’y toucher un instant. C’est un de ces bureaux où des lunettes à la forme ancienne reposent sur un sous-main de cuir rouge sombre. Où peut-être, le professeur Violet, armé d’un lourd chandelier, a surpris le docteur Lenoir. Et le parfum qui monte du vénérable fourneau devient l’âme de cette salle des trésors des Grands mystérieux. Aussi, se pare-t-il d’un liseré d’or.
J’ai peut-être hérité de mon père cette propension à prendre, aussi, garde aux odeurs et à y associer des images. Ou peut-être est-ce tout simplement banal et en avons-nous juste parlé. A vous de voir, si vous maniez aussi l’herbier des souvenirs sentants et colorés. Il est vrai qu’il était fils d’agriculteur ; aussi les senteurs de foin coupé, de blé moissonné, et d’autres odeurs plus triviales mais tout aussi rurales, étaient-elles son quotidien.
Aussi, disons-le crûment : pour lui, comme pour moi, qui suis tout de même petit-fils, neveu et cousin d’agriculteurs, l’odeur du fumier d’étable à vaches, c’est l’odeur d’une campagne vraie, une campagne de prairies et de haies, de bocage et de ruisseaux ; une campagne si loin de la steppe agro-industrielle, dont le tapis sans fin de maïs-blé-tournesol n’exhale guère qu’une senteur écœurante de pesticide.
Et pourtant, quand le soleil d’un matin d’avril répand sur cette plaine une chaleur timide, qui s’affirme au fil des minutes, et pourchasse mollement la rosée, monte un doux parfum, jaune pâle et âcre, entêtant. Roulant dans les trilles des alouettes, il annonce le grand retour des oiseaux de plaine. Oui, quand l’odeur du colza imprègne la plaine, alors, peut-être, verra-t-on le premier Busard cendré, rasant lentement les hautes tiges, et entendra-t-on le craquement sec poussé par l’outarde. Et tout sera bien.
Bleu le feu de bois, brune la pipe, vert le fumier, jaune le colza ! Etrange palette que voici ! Mais il est fou, vous dites-vous. Allons ! Cherchez mieux...
Il n’y a vraiment rien que cela vous évoque ? Une histoire bien à vous, par exemple. Je vais vous parler d’un brun presque noir, et collant ; c’est la boue, l’argile de la plaine de la Limagne. Je la sentirais entre mille. Sur un terrain de sport de Limagne, je jouais au football, et j’étais gardien de but. Et je m’en sortais bien. J’en revenais, bien sûr, imprégné du collant à la pointe des gants, de cette riche argile qui fait de ce coin de France la terre la plus fertile au monde. Aussi l’odeur m’en imprégnait. Et c’était ainsi, j’étais le nez dans l’herbe et sentant l’argile, mais dans mes gants la secousse, encore, du ballon repoussé avec énergie, à défaut d’autorité. Et j’aime sentir la Limagne.
Vous me demandez quoi ? Un parfum rouge ! Facile. Rendez-vous donc au stade. Hélas, de nos jours il faut un peu de chance. Il y a quelques années, c’était à chaque match. Un but, et dans notre parcage, dans l’étroit clapier, dans la cage où l’on avait relégué les fauves, gardés de cent limiers, dans la tribune visiteurs donc, éclatait notre défi, notre mépris, notre triomphe : dans une senteur de poudre, dix fumigènes s’embrasaient. Les appareils photo crépitaient, et dans les coeurs dansaient nos rêves de rébellion. Les plus sages s’encanaillaient avec bonheur, bien heureux que d’autres aient pris le risque qu’eux-mêmes n’osent plus ; que la surveillance hargneuse et haineuse, la taquetaquetique du gendarme ait été prise en défaut : tenez, voilà un beau craquage ; nous sommes des Ultras, des sauvageons, en cet instant l’Ordre établi vacille, cette flambée de pourpre est belle. C’est la voix de la ferveur qui renverse tous les obstacles. Aussi la fumée âcre et suffocante des torches est-elle une senteur rouge, comme le drapeau d’une révolution.
Brun, bleu, vert, jaune, rouge. Le brun est en trop, et il manque le violet, l’indigo, et l’orange. Je ne connais pas de parfum orange. C’est à vous de chercher un peu.
17:15 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : poésie, odeur, fumée, campagne, pensées
L'aviation, tout simplement
Aujourd'hui, je me suis rendu à la fête aérienne de la Ferté-Alais. Il a plu. Nous sommes partis prématurément et je n'ai pas vu grand-chose. Encore moins qu'il y a deux ans où, déjà, le ciel s'était tellement laissé aller que le Spitfire, malgré toute la puissance de ses hélices contrarotatives, s'était embourbé sur la piste en herbe. Ce n'est pas très grave. L'aviation est éternelle et l'aérodrome de Cerny-la Ferté dominera encore longtemps la plaine.
Je vais donc parler de "mon" aviation. Mon aviation, c'est celle qui m'apparaît à la Ferté-Alais. Je m'y connais un petit peu. Juste le tout petit peu d'un quidam que les vieux coucous passionnent, qui sait en reconnaître un certain nombre, l'histoire de quelques-uns d'entre eux. Qui aime les voir voler. Juste ce qu'il faut pour se laisser prendre au jeu, se moquer des "envers du décor", du "revers de la médaille", regarder et rêver. Se laisser bercer par ce qui sera aux vrais connaisseurs, une collection de clichés. Mais je parie qu'il leur plaît que les gens comme moi s'y laissent prendre. Et moi cela me plaît aussi. Qu'est-ce que je risque d'y perdre ? Mon aviation, c'est juste pour le plaisir.
La Ferté-Alais, m'a-t-on dit, n'est pas un aérodrome, c'est un champ d'aviation. Sur un aéro-drome, les appareils courent. C'est du grec. Si j'ai bien tout compris, un champ d'aviation, c'est un lieu où tout est permis, si c'est de l'aviation. Lors du meeting, les avions sont alignés le long d'une seule piste. Mais à l'origine c'est un pré. Ce qui veut dire qu'on se pose dans le sens de son choix, celui qui correspond le mieux au vent. Sur l'aérodrome, la piste en ciment impose son axe, et si le vent est de travers, et bien on vole en crabe, et on subit. Quand on vole, c'est plus joli de se laisser porter par le vent que de le braver. La Ferté Alais est une île qui domine la plaine rongée par l'agro-industrie, et les "activités économiques", les dépôts logistiques géants, l'empire du camion. Une île hors du temps où l'on se plaît à croire que rien n'a changé, sous le hangar Latécoère. La Ferté Alais est un champ d'aviation : un champ où l'on cultive la légende.
L'aviation, ce n'est pas l'aéronautique et un aviateur, ce n'est pas exactement la même chose qu'un pilote. L'aviation, ce sont les temps héroïques. Les machines volantes qui s'enlèvent en crabe sous le vent de travers, dans un ronronnement clair. Deux roues à l'avant, une roulette sous la queue. Une, deux, ou trois ailes, droites. ça vole. Pas toujours bien vite. Un avion, c'est ça.

L'aviation est une histoire qui sent le bois, le cambouis, l'essence. Elle est artisanale, héroïque. Elle est française. La France est la patrie de l'aviation. Jusqu'en 1914, à l'exception du vol des frères Wright, toutes les premières ont lieu en France : le premier vol piloté de Farman, sur avion Voisin, la première liaison de ville à ville, les records d'altitude, les premiers passagers, les traversées célèbres. Les premières mitrailleuses sur les avions qui portent les premières cocardes, demoiselles au fuselage à claire-voie, aux ailes translucides que l'on tord pour virer. L'aviation est cocardière. Les aviateurs combattent avec panache, en uniforme élégant, volent avec grâce. Plus tard, les ingénieurs la tueront.
L'aviation ! On ne pilote pas, on vole. L'avion est un prolongement de l'homme, ou mieux, une monture. Pas toujours facile à domestiquer. Chaque machine a son caractère, plus que ses "caractéristiques". L'aviateur l'enfourche, la prend en main, l'amène, docile, aux évolutions de son choix. De délicats biplans dansent dans le ciel. "Des Stradivarius", "des pianos de concert", nous dit le merveilleux speaker de la Fête aérienne : ce sont des Bücker 131 et 133. Ils évoluent lentement dans le chant de leurs vieux cylindres. Un tonneau lent, amoureusement fignolé; "là, c'est bien, ça rentre bien ce tonneau"... On devine les vieux ateliers, les hangars de tôle ondulée, les heures passées à démonter, nettoyer, polir les pièces brillantes bien que septuagénaires. On admire le fini de la machine, les délicats arrondis du fuselage, les mâts profilés, les hélices de bois précieux. Ces avions-là sont des monuments, des oeuvres d'art, ou plutôt, comme l'a dit le speaker, des instruments. On les fait voler comme on joue d'un violon : pour le plaisir de l'objet et de ce qu'il sait créer, par ses belles évolutions. Rapide, athlétique, ou délicieusement lent. On a le coeur étreint de bonheur, du bonheur de celui qui voit enfin de ses yeux un mythe qui a pris corps, quand on reconnaît le chant d'un moteur Merlin, ou celui plus rauque qui entraîne la silhouette légendaire d'un Messerschmitt 109. C'est l'Histoire de l'Aviation. C'est la légende.
L'avion de combat de 1940 est bien un véritable avion. L'artiste le dispute encore au technicien, Saint-Exupéry ne l'a-t-il pas piloté ? Il devait contrôler plus de cent instruments, nous dit-il. Cela tenait du clavier d'orgue plus que de Windows Vista. Sur le siège de cuir, on maniait tirettes, manches à boule, poignées de métal, tandis que l'hélice vous vissait dans l'océan d'un ciel de printemps. Avant de plonger dans le mortel ballet des poissons fous. Piqués, renversements, glissades, dérapages brutaux, tandis qu'à la sarabande des moteurs s'ajoutait le claquement des armes automatiques. C'est l'escalade. La mitrailleuse du Nieuport Bébé, et son chargeur de quarante-sept balles, sont devenues quatre, six, huit, aux bandes de mille projectiles traçants; puis un, deux, quatre canons de vingt, de trente millimètres; un roulement de tambour sous le capot a succédé au cliquetis des pétoires; on ne tire plus de vingt mètres mais de deux cents. Mais, comme au temps de Guynemer et de Fonck, on tombe encore du soleil, on place son avion dans l'axe de l'ennemi, pour déchirer la pureté du ciel d'une brève rafale. On danse toujours. On ne clique pas. De vrais hommes dans de vraies machines volantes se livrent des corps à corps. Quand la paix sera revenue, on volera ensemble. Car l'important, ce n'est pas de tuer, mais de faire voler les hommes en des machines, puisque, décidément, ils ne savent pas voler sans.
L'important, c'est de voler. Je ne sais pas piloter, et ne saurai jamais car j'ai peur. C'est du sol que j'admirerai la beauté du vol de l'avion. La pureté de ses lignes et le coeur de celui qui manie le manche. Qui se pénètre du respect, et du ciel, et de l'avion. L'aviation, c'est se risquer dans un milieu qui n'est pas le nôtre, et y rester le temps que l'on s'est fixé. Cela nécessite du respect; des rites et des sacrifices. Comme les longues années qui font revivre un vieil avion, retrouvé comme épave, et qui aujourd'hui inscrit de nouveau sur fond de ciel le galbe de son fuselage, tandis que chante son hélice.
Regardez ce Dewoitine D37. Comme son frère, que l'on voit souvent en meetings, aux couleurs suisses, c'est un de ces merveilleux avions du tout début des années trente. On ne marche pas encore vers la guerre, et l'aviation triomphante s'adonne au sport. L'homme vole, sur ces biplans ou monoplans parasol ventrus, tirés par un gros moteur en étoile dont les cylindres à nu étincellent. Admirez la courbe du fuselage rebondi, la pureté parfaite de l'aile posée, comme sur un jouet d'enfant, sur le poisson tout argenté. L'énorme moteur refroidi par air complète la ligne d'une beauté désuète. On est si loin des flèches bardées d'électronique, qui s'exécutent à cent cinquante kilomètres d'un clic sur une cible clignotante. Loin des bureaux de recherche développement, de la CAO, des images de synthèse et des modèles numériques, de l'optimisation des flux et de termes que je ne connais pas. Et pourtant. Regardez bien. De chaque côté de l'appareil, deux haubans entrecroisés relient entre eux les mâts qui soutiennent l'aile. On ne la voit pas sur la photo; mais quand vous verrez l'original, allez voir. Au point de croisement de ces haubans, ils sont reliés par une sorte de poulie. Une petite poulie de bois grosse comme deux noix. Cette poulie est impeccablement profilée en goutte d'eau. Je veux l'imaginer usinée à la main, délicatement, et si ce n'est (sans doute) pas le cas, qu'importe : voyez quelle recherche. Il y a une poulie en bois pour tenir les haubans de l'aile. Mais une poulie aérodynamique. Parce que l'aviation, c'est du travail soigné. C'est la main de l'artisan qui prendra tout le temps nécessaire pour bien faire.
C'est ainsi que l'homme vole en aimant voler. Bientôt, on ne pilotera plus. On s'assiéra comme dans un bus, dans une machine automatique qui nous translatera en ligne droite. Il n'y aura plus de hublots, dit-on, mais des écrans, projetant un paysage de synthèse, puisqu'on vole trop haut pour bien voir. Mais il y aura encore des avions et des aviateurs qui démarreront des hélices de bois, dans un bruit de tonnerre et une âcre fumée bleue, des Salis et des Stephen Grey, et qui voleront et qu'on regardera voler. Le coeur battra devant leurs arabesques et la mémoire de ces temps où il fallait être un peu bricoleur, un peu génial, un peu fou, et un peu sage, pour quitter le sol avec des ailes. Il y aura un speaker qui nous parlera de jeunes gens qui se tuaient en dansant dans leurs machines entre deux bancs de nuages, d'outils qui ressuscitent dans un vieux hangar un avion perdu, et de la naissance des hélicoptères qui commence quand monsieur hélicoptère invite mademoiselle hélicoptère à danser un tango. Il pleut, mais ça va pas nous empêcher de voler, il a dit. Non. Il a plu et les deux pieds dans la boue, ça ne m'a pas empêché de voler.
17:10 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : aviation, ferté alais, fete aérienne, pensées
Ce soir, le ciel
Ce soir le ciel est beau. Il s’est dégagé après les orages de la journée, et le vent chasse une écume couleur d’ardoise qui s’accroche au paysage, tandis qu’au-dessus, le ciel pur, lavé, déploie des fastes de bleu dans un crépuscule de printemps finissant. Sur ce velours sombre, le diamant de Vénus étincelle. Combien d’hommes, pauvres chasseurs, mages, chamanes, astrologues et charlatans a-t-elle intrigués, lorsqu’elle resplendit ainsi, la planète voisine ? Quel messager était-ce donc ? Elle reçut un nom, on prédit sa course avant que de savoir ce qu’elle était. Finie la magie. Chacun le sait, c’est une planète de dimensions comparables à la nôtre et où une atmosphère d’acide sulfurique fait régner un enfer. Cela suffit. « Oh ! L’étoile du Berger ! – Ouaaais ! C’est Vénus quoi. »
Les nuages dont je suis la course depuis quelques minutes se mettent à rougeoyer quand le vent les amène à survoler la ville. Ils perdent leur teinte d’ardoise mouillée pour cet orange sombre indéfinissable du halo des grandes villes, et vite s’enfuient vers l’est. Ceux que je vois plus loin, d’une couleur pure, sont donc situés au-dessus du plateau. Le vaste plateau du Multien s’étire, boursouflé de vagues buttes, d’ici vers la Picardie, puis le pays de Dieppe où la craie tombe avec fracas dans la Manche. La pensée vole à la vitesse du vent sur ces immensités de champs, rêve de lumières matinales loin de l’agitation de la métropole, d’une cathédrale, de routes et d’ailleurs. Des ailleurs et des noms qui subsistent péniblement, qui se cramponnent à un clocher, à une vallée, au cours chantant d’une rivière. Marcilly, Etrepilly, la Thérouanne. « Charme discret de l’Île-de-France », montent en épingle les guides touristiques. Charme du pauvre en vérité, petits pays qui ne veulent pas mourir, que je ne veux pas voir mourir, et deviner encore sous le tapis d’acier de « la région parisienne ». Imaginer des horizons qui s’ouvrent vers autre chose que la bruyante ruche, des plaines qui s’enfuient vers le Nord et l’Est. Avec ces nuages.
La cathédrale se dessine avec netteté, sur la toile sombre des nuages. Un éclairage avare en souligne à peine les surfaces. Le ciel a-t-il un jour été pareil, au quinzième siècle ? Mais alors, aucunes lumières ne frappaient, ni cathédrale ni nuages. Quelques feux, carrés dorés de fenêtres éclairées – une silhouette massive et sombre, eût balisé seule au voyageur fourbu la civitas Meldensis. Où je suis, il n’aurait trouvé qu’un bois ou un pré plutôt marécageux. La large hampe de la rivière sous la lune, l’oeil sinistre des hourds coiffant les vieux remparts. Quelques fumées. Le temps a fui, comme les nuages. Un bout de rempart amuse le touriste, le marécage est à sec, le voyageur est heureux de contourner la ville par la déviation pour vite rejoindre, en une demi-heure, Paris. La cathédrale domine toujours la rivière.
Et les étoiles ? Que de fois je l’ai songé. Quelle que soit notre agitation, quoi qu’amène la fuite du temps, le ciel demeure. Les nuages passent et chacun de leurs paysages a déjà existé et existera encore. La même lune, les mêmes cirrus, les mêmes étoiles s’étendaient au-dessus des Erectus chasseurs, des Gaulois moissonneurs, des chevaliers de France ou du carrosse de Bossuet. La vérité est là, sous nos yeux, quand les rideaux des nuées s’écartent. Au balcon de la Terre, nous la contemplons. Nous ne sommes qu’une infime bulle de savon dans cette immensité inaccessible. Nous ne pouvons pas tout détruire, tout souiller. Des nuages continueront leur course et des étoiles aussi.
17:05 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : seine et marne, meaux, ciel nocturne, paysage, pensées


